Mercredi 2 janvier 2008
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11:52
Nous atterrissons à CHENYANG à 600 kilomètres au nord-est de Beijing. Nous resterons là, en bout de piste, sans descendre de l’avion. Les hôtesses, toutes
souriantes, nous distribuent des verres d’eau chaude (étonnant mais c’est ce qui se fait ici) pour nous désaltérer et nous faire patienter. Par le hublot, dans la brume jaunâtre qui entoure notre
avion, il n’y a pas grand chose à voir au-delà des pistes, à part quelques hangars et des guérites, placées tous les 3 à 400 mètres, et occupées par des soldats au garde-à-vous.
Les passagers restent stoïques et patients jusqu’à ce que l’information est donnée que nous allons re-décoller. Il est 15 h 40… De toutes les façons, notre après-midi de balade à
Pékin est d’ores et déjà perdue dans les limbes. Nous atterrissons une heure plus tard, en pleine purée de pois … On ne voit absolument rien. Un peu angoissant tout de même.
Bravo au pilote et aux instruments de bord … Le commandant pose son 747 comme une plume. C’est à peine si l’on sent les roues toucher la piste… Tout le monde semble soulagé. Sur le visage des
passagers chinois, rien ne transparaît. On distingue les gyrophares des véhicules de pompiers et de sécurité. Les lumières de l’aérogare sont à peine visibles.
On perçoit l’activité de l’aéroport dans un halo blafard... Les bruits sont étouffés, amortis. Les personnels veillent au bon déroulement des opérations de débarquement. Au pied de
la passerelle, une dizaine de jeunes, filles et garçons en uniforme noir, nous regardent descendre. C’est l’équipe de nettoyage. Silencieux et immobiles, ils attendent sagement sur deux
rangs.
Dans le bus qui nous emmène vers les bâtiments de l’aérogare, c’est une vraie cacophonie. Ca piaille, ça caquette. Les chinois sont volubiles après le calme apparent lors de
l’atterrissage. L’aérogare est immense. La première opération consiste à remplir les formulaires sanitaires. Puis, c’est le passage au poste de police. En file indienne, on attend patiemment
derrière la ligne jaune. La jeune fonctionnaire reste de marbre en jetant un coup d’œil rapide, de notre visage à la « sublime » photo figurant sur notre passeport. Face à moi, un
boîtier électronique et un bouton sous chacun des quatre pictogrammes. Il est écrit : « Êtes-vous satisfait de mon travail ?». Faut-il donner une réponse ? C’est facultatif,
mais je ne veux pas créer d’incident diplomatique à peine arrivé et, sans hésiter, j’appuie sur le « très satisfait ». Les yeux de la policière n’expriment rien. Seul un léger début de
sourire semble dire « merci ».
Nous récupérons nos bagages. Dehors, dans le hall, une foule immense nous accueille. C’est quand même impressionnant de voir toutes ces pancartes brandies à bout de bras : Mr
PARKER ? Mr CHANG ?… Justement, il y en a un de monsieur CHANG. Il salue joyeusement Bernard et Francine, les reconnaissant d’un précédent voyage. Il est
l’organisateur de notre séjour et l’ami de notre Shifu Daniel qui, lui, est arrivé la veille. On l’aperçoit la-bas, aux côtés d’une belle et grande chinoise : voilà Jeanne, la fiancée de
Daniel, dont on a entendu parler. Il a fait sa connaissance lors de son précédent voyage en avril, dans les Monts Houtang. Et puis, il y a mademoiselle LI, notre guide
nationale chinoise, toute menue, toute souriante, qui nous souhaite la bienvenue dans un excellent français. Elle nous accompagnera tout au long de notre séjour au Tibet.
Tout le monde nous a rejoints. Le groupe est maintenant au complet. Essayant de ne pas perdre CHANG de vue, on se dirige à l’extérieur vers le mini bus qui nous emmènera jusque la
gare centrale de Beijing. Le brouillard est partout. On ne voit pas grand chose. Sur le chemin vers la grande mégapole, on distingue vaguement la banlieue. On entre sur l’un des cinq
périphériques. La circulation est encore fluide mais plus on approche de Pékin, plus elle se densifie. Il y aurait 3 millions de véhicules à Pékin et une augmentation d’environ 1000 voitures de
plus par jour…Où sont passés les vélos !!!
En ville, c’est un concert de klaxons, les artères sont éclairées comme des sapins de noël, et larges comme deux fois les Champs-Élysées. Notre retard a bouleversé l’emploi
du temps et il est trop tard pour aller au restaurant. Notre premier repas en chine sera un « Mac Do » spécial bœuf et poulet !!!
Tout en mangeant, je regarde défiler la ville au-delà de la vitre. De grandes tours, des
hôtels, des panneaux publicitaires, des guirlandes de lumières multicolores, des immeubles de bureau, des centres commerciaux et administratifs. Tout ici est démesuré. On roule au ralenti mais
notre chauffeur se faufile habilement entre les files de voitures qui avancent pare-choc contre pare-choc.
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