Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 11:46

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La nuit a été bonne dans l‘ensemble malgré un sommeil peu profond, j’ai suivi sur les écrans de télévision le parcours emprunté par notre vol de nuit. L’Allemagne, la Pologne, la Russie, la Sibérie, le désert de Gobi, et la lente descente vers la Chine dans la matinée. Nous devons en principe arriver à Beijing vers 13 heures, mais sur l’écran, l’avion continue sa route. Bizarre. Il passe bien au nord de notre point d’arrivée et continue vers l’est. Cela commence bien. Serions-nous détournés ?
 

Maggy, Françoise et Francine, continuent de converser, sans trop se soucier de ce qui se passe. Nous apprendrons peu après que Beijing et toute la région sont noyées dans un  épais brouillard. L'aéroport est fermé.

Par daniel
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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 11:52

Nous atterrissons à CHENYANG à 600 kilomètres au nord-est de Beijing. Nous  resterons là, en bout de piste, sans descendre de l’avion. Les hôtesses, toutes souriantes, nous distribuent des verres d’eau chaude (étonnant mais c’est ce qui se fait ici) pour nous désaltérer et nous faire patienter. Par le hublot, dans la brume jaunâtre qui entoure notre avion, il n’y a pas grand chose à voir au-delà des pistes, à part quelques hangars et des guérites, placées tous les 3 à 400 mètres, et occupées par des soldats au garde-à-vous.

 

Les passagers restent stoïques et patients jusqu’à ce que l’information est donnée que nous allons re-décoller. Il est 15 h 40… De toutes les façons, notre après-midi de balade à Pékin est d’ores et déjà perdue dans les limbes. Nous atterrissons une heure plus tard, en pleine purée de pois … On ne voit absolument rien. Un peu angoissant tout de même.  Bravo au pilote et aux instruments de bord … Le commandant pose son 747 comme une plume. C’est à peine si l’on sent les roues toucher la piste… Tout le monde semble soulagé. Sur le visage des passagers chinois, rien ne transparaît. On distingue les gyrophares des véhicules de pompiers et de sécurité. Les lumières de l’aérogare sont à peine visibles.

  Photo--TIBET-216.jpg

On perçoit l’activité de l’aéroport dans un halo blafard... Les bruits sont étouffés, amortis. Les personnels veillent au bon déroulement des opérations de débarquement. Au pied de la passerelle, une dizaine de jeunes, filles et garçons en uniforme noir, nous regardent descendre. C’est l’équipe de nettoyage. Silencieux et immobiles, ils attendent sagement sur deux rangs.

 

Dans le bus qui nous emmène vers les bâtiments de l’aérogare, c’est une vraie cacophonie. Ca piaille, ça caquette. Les chinois sont volubiles après le calme apparent lors de l’atterrissage. L’aérogare est immense. La première opération consiste à remplir les formulaires sanitaires. Puis, c’est le passage au poste de police. En file indienne, on attend patiemment derrière la ligne jaune. La jeune fonctionnaire reste de marbre en jetant un coup d’œil rapide, de notre visage à la « sublime » photo figurant sur notre passeport. Face à moi, un boîtier électronique et un bouton sous chacun des quatre pictogrammes. Il est écrit : « Êtes-vous satisfait de mon travail ?». Faut-il donner une réponse ? C’est facultatif, mais je ne veux pas créer d’incident diplomatique à peine arrivé et, sans hésiter, j’appuie sur le « très satisfait ». Les yeux de la policière n’expriment rien. Seul un léger début de sourire semble dire « merci ».

 

Nous récupérons nos bagages. Dehors, dans le hall, une foule immense nous accueille. C’est quand même impressionnant de voir toutes ces pancartes brandies à bout de bras : Mr PARKER ? Mr CHANG ?… Justement, il y en a un de monsieur CHANG. Il salue joyeusement Bernard et Francine, les reconnaissant d’un précédent voyage. Il est l’organisateur de notre séjour et l’ami de notre Shifu Daniel qui, lui, est arrivé la veille. On l’aperçoit la-bas, aux côtés d’une belle et grande chinoise : voilà Jeanne, la fiancée de Daniel, dont on a entendu parler. Il a fait sa connaissance lors de son précédent voyage en avril, dans les Monts Houtang.  Et puis, il y a mademoiselle LI, notre guide nationale chinoise, toute menue, toute souriante, qui nous souhaite la bienvenue dans un excellent français. Elle nous accompagnera tout au long de notre séjour au Tibet.

  Photo--TIBET2-011.jpg

Tout le monde nous a rejoints. Le groupe est maintenant au complet. Essayant de ne pas perdre CHANG de vue, on se dirige à l’extérieur vers le mini bus qui nous emmènera jusque la gare centrale de Beijing. Le brouillard est partout. On ne voit pas grand chose. Sur le chemin vers la grande mégapole, on distingue vaguement la banlieue. On entre sur l’un des cinq périphériques. La circulation est encore fluide mais plus on approche de Pékin, plus elle se densifie. Il y aurait 3 millions de véhicules à Pékin et une augmentation d’environ 1000 voitures de plus par jour…Où sont passés les vélos !!! 


En ville, c’est un concert de klaxons, les artères sont éclairées comme des sapins de noël, et larges comme deux fois les Champs-Élysées.
Notre retard a bouleversé l’emploi du temps et il est trop tard pour aller au restaurant. Notre premier repas en chine sera un « Mac Do » spécial bœuf et poulet !!!

Tout en mangeant, je regarde défiler la ville au-delà de la vitre. De grandes tours, des hôtels, des panneaux publicitaires, des guirlandes de lumières multicolores, des immeubles de bureau, des centres commerciaux et administratifs. Tout ici est démesuré. On roule au ralenti mais notre chauffeur se faufile habilement entre les files de voitures qui avancent pare-choc contre pare-choc.



Par daniel
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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 12:04
Photo--TIBET2-023.jpg On arrive à la gare centrale. Il reste peu de temps pour prendre le train T27 qui nous emmènera vers LHASA. On passe différents contrôles. On se croirait à « Grand central » à Chicago. La foule se croise dans tous les sens. On regarde l’immense tableau lumineux qui s’affiche devant nous. Mais tout est écrit en chinois… Nous saluons CHANG et mademoiselle LI nous guide maintenant jusqu’au quai où le train nous attend pour un périple de 48 heures, d’est en ouest, à travers la Chine.
 
Le quai est presque vide. Serions nous les derniers ? Sur l’instant, cette gare me fait penser à une scène du film « Eléphant man » qui se passe à une autre époque, dans un gare londonienne. Le train s‘étire le long d’un quai interminable qui se perd dans le noir. Dans leur uniforme impeccable, les agents du chemin de fer nous attendent au son du fameux chant du départ « ce n’est qu’un au-revoir, mes frères, ce n’est qu’un au-revoir »… diffusé dans les hauts parleurs. Ambiance irréelle !!
 
On se répartit les compartiments. Nous serons séparés en deux groupes. Nous occuperons le nôtre avec Bernard et Francine. Les compartiments sont assez spacieux mais nous avons un peu de difficulté à nous installer avec nos bagages. Fatigués de cette première et longue journée, nous mettrons peu de temps pour nous endormir, bercés par le roulis de ce serpent de fer qui nous emmène doucement vers le Tibet.
Par daniel
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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 13:23

Tibet-007.jpg J’ai « écrasé » comme on dit. Le retard de sommeil, la tension du départ, la décompression après la semaine de travail… Bernard se met en quête d’eau chaude pour le café. CHANG et Mademoiselle LI nous ont distribué la veille un sac contenant nos petits-déjeuners pour les deux jours que nous passerons dans le train. Il y a ce qu’il faut entre les croissants lyophilisés, du sauchisson (comme dit CHANG), des bananes et des mandarines… Quelques « bonjour, bien dormi ? » plus tard, nous nous retrouvons dans le couloir, au lavabo, pour les ablutions matinales. Nous serons loin de nous habituer aux bruyants raclements de gorge des chinois qui crachent fréquemment. Une coutume ? Une règle hygiénique ? Juste après le petit-déjeuner, c’est aujourd’hui assez difficile à entendre. Demain, pour moi, ce sera encore plus douloureux, mais ce ne sont pas ces seuls crachats qui ce jour là me retourneront l’estomac !!

Par daniel
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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 13:30

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Un arrêt à XIAN, la ville aux soldats d’argile. Dix minutes pour 
se dégourdir les jambes et prendre les premières photos d’un 
quai embrumé au petit matin. On repart. Le temps est gris et maussade. Des lambeaux de brouillard recouvrent les champs où s’affairent déjà de nombreux paysans. Des banlieues monotones, de grands immeubles HLM aux balcons auréolés d’antennes satellites, des fleuves marron-jaune, la matinée s’écoule calmement. Les uns lisent, les autres somnolent, on discute dans le couloir en attendant le déjeuner. Est-ce la fatigue, le décalage horaire ? Je m’endors sur ma couchette. Maggy me réveille deux heures plus tard pour rejoindre le wagon restaurant. Le repas est bienvenu car, depuis notre Mac Do, nous n’avons pas eu grand chose à nous mettre sous la dent. Les plats qui se succèdent sont tous très bons : riz, omelette, légumes divers et champignons, viande de bœuf, le tout arrosé d’une bonne bière chinoise. En guise de dessert, Bernard achète une barquette de melon chinois qui nous rafraîchira.

Par daniel
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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 13:32
undefined L’après-midi se languit Je dors encore une bonne heure et demie. A mon réveil, je rejoins mes compagnons dans le couloir. Des champs de maïs, des villages, des potagers, des usines, des chemins, des bicyclettes, des rivières, quelques rares moutons, peu de bétail. Où sommes-nous ? On fait des photos, on discute de ce qui nous attend là-haut. Mademoiselle LI passe nous voir et demande si tout va bien. On rit beaucoup. L’humeur est joyeuse. Le groupe se construit peu à peu.
19 h 30 : l’heure de rejoindre le restaurant pour le souper. Ce soir, c’est la fête, on a le droit à une bière « gratuite » pour deux, ainsi qu’une bouteille d’eau… Le repas est servi bien chaud : du riz, de l’omelette, des légumes divers et champignons, du bœuf… et du potage.
 
Nous retournerons dans nos quartiers vers 20 h 30. Daniel vient nous entretenir de notre entrée au Tibet, demain dimanche matin. Nous passerons un col à 5042 mètres avant de descendre vers LHASA. Il faudra bien se couvrir.
Par daniel
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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 13:35

Photo--TIBET2-104-copie-1.jpg


La nuit a été difficile. Personne n’a bien dormi. Dans le compartiment à côté du nôtre, chez les « quatre filles » (Katy, Annick, Françoise et Annita), Annick a été très mal, au point d’aller réveiller Mademoiselle LI et Monsieur CHIN qui est médecin anesthésiste. De son côté, Françoise, continue de tousser tout ce qu’elle peut.

Par daniel
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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 13:37

Photo--TIBET2-105.jpg Au fil de la matinée, la situation des uns et des autres s’aggrave plus ou moins. Le mal des montagnes commence à nous gagner. On nous en avait parlé. J’avais lu des choses là-dessus. On m’avait averti. Mais bon, on ne peut rien y faire. Ce mal guette tout le monde, les jeunes, les moins jeunes, ceux en bonne santé, les hommes, les femmes… « Ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » comme dirait l’autre… Chez nous par exemple, Bernard se porte comme un charme, Francine est un peu lasse et souffre d’un fort mal de crâne. Maggy a quelques vertiges mais rien d’alarmant. Quant à moi, je ramasse la mise, je cumule tout : forte lassitude, manque de tonus, mal de tête, nausées et vomissements, chaud et froid… … Ce fut un dimanche « noir ». J’ai passé une grande partie de la journée allongé sur ma couchette ou à me précipiter soudainement entre le compartiment et les toilettes, le sac plastic à la main, croisant ceux qui tentaient de tenir le coup mais qui, quelques heures plus tard, tombaient eux aussi sous le coup de ce mal insidieux. Franck, Véronique, Daniel et Jeanne, qui a bien « dégusté » elle aussi, sont restés dans leur compartiment toute l’après-midi. Il n’y avait pas grand monde au restaurant pour le repas du midi. De mémoire, seuls SHINPOCK et Mademoiselle LI semblaient épargnés.

Par daniel
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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 13:41

undefined On s’est traîné ainsi toute la journée jusqu’aux environs de 19 heures. Nous avons commencé à ranger nos affaires et à descendre les valises dans le couloir avant l’arrivée à LHASA dans une vaste gare, moderne et un peu froide. A l’inverse, la température extérieure surprend. Il fait doux. Emmitouflé sous mes trois couches de polaires, le bonnet, les gants et le cache-col bien ajustés,  je salue à mon tour SUZY, notre guide tibétaine. Un petit bout de femme, dynamique et souriante qui déjà s’éloigne avec le gros de la troupe vers je ne sais quelle destination. J’ai l’impression qu’ils marchent vite… J’ai un peu de mal à suivre… Les jambes dans le coton, la tête dans les étoiles, j’essaie de rester au contact du peloton. 

Je marche comme un zombi…
Le « petit véhicule » qui nous transportera au Tibet, nous conduit à travers la ville illuminée. Au loin, nous apercevons le palais du Potala que nous visiterons demain matin. Le TIBET SHIZHENG Hôtel qui nous hébergera tout au long de nos séjours à LHASA est un vaste complexe 3 étoiles, décoré dans la plus pure tradition architecturale du lieu. Un vaste hall, des couleurs flamboyantes. Nous découvrirons au fur et à mesure les différents salles et aménagements offerts à une clientèle d’affaires et touristique (sauna, salles de conférence, immense salon de « thé » muni d’un large écran plat, salles à manger, bars … et boutique de souvenirs vers laquelle les regards de ces dames se tournent déjà …)

 

Nous mangeons dès notre arrivée, enfin, pour ceux qui ont de l’appétit. Quant à moi, je décide de continuer la diète jusqu’au lendemain et avale uniquement trois grains de riz et un coca cola sur les conseils de SHINPOCK… Le coca cola dissout tout et guérit les maux d’estomac…

Par daniel
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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 13:46

Photo--TIBET2-145.jpg Les chambres sont immenses et équipées de deux vastes lits. Certains d’entre nous serons même logés dans des suites !!! Par contre, la température est moins douce que dehors tout à l’heure. Dans notre chambre, elle atteint péniblement les 14°, alors qu’en face, chez Thérèse et Claude, elle grimpe à 23°… Nous n’arrivons  à régler ni la climatisation, ni le chauffage à partir de la « centrale » dont nous ne comprenons pas très bien le fonctionnement.

Interrogée au téléphone, en anglais, la réception de l’hôtel ne comprend pas notre problème. Notre dernier recours est Mademoiselle LI  que nous appelons dans sa chambre. Quelques minutes plus tard elle rendra le verdict de l’hôtel : « prenez la deuxième couette dans l’armoire ». C’est tout ce que l’on obtiendra ce soir. Demain, ils installeront des chauffages électriques d’appoint… Il paraît que, cette nuit là, beaucoup de femmes ont rejoint leurs hommes pour se réchauffer les pieds, on va dire cela comme ça….

Par daniel
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